Avant l’invention de la croquette, nos chiens et nos chats étaient principalement nourris de restes de table et/ou des déchets des animaux tués dans les fermes, et ils complétaient leur repas avec le fruit de leur chasse. Ils avaient ainsi une alimentation variée et principalement carnée.
Ce n’est qu’en 1860 que naît la première “croquette”. C’est M. James SPRATT qui eu l’idée de réaliser des biscuits pour chien à base de blé, de sang de boeuf, de betterave et de divers autres légumes. A partir de là, d’autres produits similaires voient le jour.
Ce n’est qu’en 1950 qu’apparaît réellement la croquette sous sa forme actuelle. En effet, le groupe Purina (Nestlé) invente le procédé d’extrusion permettant ainsi d’augmenter significativement la production et ainsi de démocratiser la croquette.

Aujourd’hui la fabrication d’une croquette consiste à broyer la matière première, la mélanger puis l’extruder. Le procédé d’extrusion repose sur la cuisson de la matière à très haute température et forte pression afin d’obtenir cette texture sèche. Malheureusement, la fabrication de croquettes nécessite OBLIGATOIREMENT un apport en amidon afin de leur donner une forme qui se tienne.

Ainsi, l’existence de la croquette remonte à moins de 160 ans et sa démocratisation à à peine 70 ans…

Actuellement, le marché mondial du PetFood représente plus de 4 milliard d’euros par an. En si peu de temps, sa croissance a été phénoménale !

Mais comment un marché si récent a-t-il pris autant d’essor ?

Un produit ultra pratique et tout de même, une bonne dose de marketing !
Ultra pratique pourquoi ? Et bien parce que les fabricants de croquettes (et nourriture industrielle de manière générale) ont trouvé une solution pour que les propriétaires puissent nourrir leurs chiens ou leurs chats avec des aliments complets sans se tracasser d’une quelconque carence. Bien entendu, “complet” ne signifie pas “idéal” pour la santé de nos animaux 😉 Mais, au moins ce qui est sûr avec les croquettes c’est que tout est dosé à la perfection. Et si un nutriment est manquant, aucun problème une petite poudre magique de vitamines et minéraux de synthèse et le tour est joué.

Concernant le marketing, on peut dire que les fabricants de croquettes ne sont pas loin d’être les meilleurs ! En l’espace d’une centaine d’années, ils ont réussi à faire croire qu’il n’y avait pas d’alimentation plus équilibrée (et donc meilleure pour nos animaux) que celle produite dans leurs industries. Et, que ne pas nourrir son chien avec des croquettes était forcément synonyme de déséquilibre alimentaire. Nous sommes désormais convaincus que pour nourrir son chien ou son chat correctement, il faut que son repas soit tous les jours complet !
En bref c’est comme si votre nutritionniste vous disait “Pour être en bonne santé il faut que nous arrivions à créer un repas équilibré que vous mangerez à chaque repas, tous les jours de votre vie”. Et même pire que ça !  Etant donné que les fabricants de croquettes financent eux-mêmes les recherches concernant la table de recommandations nutritionnelles sur laquelle ils se basent, c’est comme si votre nutritionniste finissait en disant “Et c’est votre jour de chance ! Je viens tout juste de créer cet aliment miracle, achetez-le sinon vous ne pourrez jamais avoir une alimentation saine et équilibrée”.
Et pour répandre cela il se sont imposés par le biais d’influenceurs. Et pas n’importe lesquels… En premier lieux les vétérinaires… Ils les ont “amadoués” dès leur apprentissage en intervenant directement dans les écoles avec à la clef de sympathiques cadeaux. Ils possèdent aussi des sites spécialisés dans les animaux de compagnies qui prodiguent des conseils pour leurs propriétaires (comment soigner son animal, comment le nourrir etc.).
Leur propagande nous a fait perdre notre bon sens. Aujourd’hui, nous sommes persuadés qu’il est impossible de fournir un alimentation complètes à nos chiens et nos chats sans leur donner des compléments alimentaires ou de la nourriture industrielle dans lequel se trouve déjà ces compléments (pour la plupart de synthèse)
C’est d’ailleurs ce qu’exprime le Dr Charles DANTEN dans son livre Un vétérinaire en colère :

« Alors que, pour les êtres humains, les nutritionnistes recommandent de manger des aliments frais et variés, de modérer la cuisson et d’éviter le prêt-à-manger et les aliments contenant des agents de conservation et divers autres produits chimiques, l’industrie alimentaire pour animaux a réussi à convaincre les consommateurs qu’il était contre nature, voire dangereux, de faire pour les animaux ce que nous faisons pour nous-mêmes pour des raisons de santé. Nous offrons donc à nos enfants, jour après jour, des aliments de piètre qualité, fabriqués à même les restes et les déchets de l’industrie agroalimentaires, archi-transformés, dénaturés et dévitalisés par la cuisson, bourrés de toxines, de déchets biologiques, d’herbicides, d’insecticides, de fongicides, de colorants, d’agents de conservation et de saveurs artificielles. Cette pitance est un poison qui les tue d’une mort lente mais certaine. »

Dr Charles DANTEN “Un vétérinaire en colère”


Et ce n’est que la base de cette manipulation marketing amorcée par l’industrie du petfood. Aujourd’hui on trouve de tout sur les paquets d’aliments pour chiens et chats. Du terme “naturel” (alors qu’il s’agit évidemment d’aliments transformés), aux termes “sauvage et authentique” (ce qui ne veut clairement rien dire),  en passant par le terme “issu du BARF” (qui ne signifie pas grand chose car BARF = Biologically Appropriate RAW (= Crue) Food).
Essayez de regarder le nombre de marques qui utilise des termes liés à la nature, au loup, aux retours au sources, je me demande bien combien vous en trouverez. 🙂

Et vient ensuite la mode du sans céréales… Là encore les acteurs du marketing se sont fait plaisir !
Lorsque nous, propriétaires, soucieux de donner le meilleur à notre animal de compagnie, nous nous sommes aperçus que nos carnivores domestiques n’étaient pas fait pour manger des céréales, nous nous sommes posés des questions sur la composition des croquettes. Et là quelle ne fut pas notre surprise ! Pour la plupart des marques l’ingrédient principal n’était pas la viande mais des céréales en tout genre (principalement le blé mais aussi le riz). Les fabricants ont tout de suite trouvé la solution à ce problème… Désormais, vous trouvez de nombreuses marques de croquettes sans céréales. Mais malheureusement ce que le chien ne sait pas bien digérer dans les céréales c’est une chaîne de molécules bien particulière. Et pas de bol, cette chaîne de molécule est aussi obligatoire dans la fabrication des croquettes. Vous l’aurez peut-être deviné, je vous parle ici de l’AMIDON. Alors oui les fabricants de croquettes ont créé des croquettes sans céréales mais ils n’ont pas su se passer de l’amidon… Ainsi on trouve dans la plupart de ces croquettes : des pommes de terre, des pois, patates douces etc. Et ces ingrédients ne sont pas mieux tolérés par nos chiens et nos chats… (voir l’article “Nos chien et nos chat, des carnivores ?”)
Alors on pourrait croire à une potentielle évolution de la part de nos compagnons à quatres pattes qui seraient désormais capable de digérer l’amidon. Mais rappelez-vous, les croquettes existe depuis seulement 160 ans. En si peu de temps une évolution est impossible.  Le chien et le chat peuvent donc digérer l’amidon en très petite quantité mais cela fatigue grandement leur pancréas (nous écrirons prochainement un article plus détaillé sur le processus de digestion du chien et du chat).



Je n’aurais qu’un conseil à vous donner si vous nourrissez votre chien ou votre chat avec de la nourriture industrielle : regardez la composition, calculez le taux de glucides (vous pourriez être surpris du taux de glucides de certaines croquettes sans céréales), regardez par quels ingrédients sont amenés ces glucides (mieux vaut du riz moins riche en amidon que de la pomme de terre) et ne favorisez pas forcément les aliments ayant le plus de protéines (si ces protéines sont amenées par des pois aucun intérêt, au contraire).
Vous l’aurez compris, il n’y a pas un aliment industriel idéal, faites en fonction de ce qui convient le mieux à votre animal et si vous pouvez, pensez au BARF 😉