Les sources d’énergie et de nutriments :

De manière générale, il existe 3 sources d’énergie : les lipides, les protéines et les glucides (ou carbohydrates). Ces 3 sources d’énergie ne sont pas équivalentes. Les lipides apportent 8,5 kcal d’énergie métabolisable par gramme alors que les protéines et les glucides en apportent seulement 3,5. 
L’énergie métabolisable (EM) est définie par la quantité d’énergie disponible.

• Les protéines :

Ce sont des chaînes d’acides aminés composés de carbone, d’hydrogène, d’oxygène et de nitrogène. Il existe 22 types d’acides aminés, dont 10 essentiels chez le chien. Les acides aminés essentiels doivent obligatoirement être apportés par l’alimentation.

Lors de la digestion les chaînes sont rompues en plus petites chaînes que l’on nomme peptides. Les acides aminés sont alors absorbés par la paroi de l’intestin et réutilisés pour créer de nouvelles protéines.
Les protéines sont partout dans le corps (poils, peau, griffes, tissus des organes, anticorps, muscles..) et jouent un rôle extrêmement important dans le déplacement de l’oxygène et de l’énergie au sein du corps, la régulation du taux de glucose, les défenses immunitaires et la réparation des tissus endommagés. Vous comprenez donc pourquoi elles sont très importantes et en particulier chez le chien de sport !
De plus, contrairement au gras, les protéines ne peuvent pas être stockées, il faut donc que votre chien en ait suffisamment et de manière quotidienne.
Bien qu’elles puissent aussi être utilisées comme source d’énergie (par la conversion des acides aminés en glucose dans le foie, c’est la néoglucogenèse) il faut à tout prix éviter que cela se produise. En effet, les protéines n’ont pas comme rôle principal d’apporter de l’énergie. Les détourner de leur utilisation principale fatigue le corps. Lorsque votre chien utilise des protéines pour trouver de l’énergie, on peut dire qu’il passe en “mode survie”.

• Les glucides :

Les glucides ou carbohydrates sont des composés carbone, oxygène et hydrogène provenants majoritairement des plantes. Il en existe 3 catégories :

  • Les monosaccharides qui sont des sucres simples tels que le glucose, le fructose et le galactose.
  • Les disaccharides qui sont des sucres doubles. Parmis eux, on peut citer le lactose et le sucrose.
  • Les polysaccharides tels que l’amidon, le glycogène et les fibres alimentaires.

Les carbohydrates circulent dans le sang sous forme de glucose jusqu’aux muscles et aux organes. Le glucose peut aussi être stocké dans les muscles et le foie sous forme de glycogène. Il sert à booster l’organisme (lors d’un effort très bref et intense). Il permet aussi le bon fonctionnement du système nerveux (nerfs et cerveaux). Les carbohydrates sont également une source d’acides aminés non essentiels (acides aminés que le chien sait fabriquer lui-même)
Les fibres alimentaires font partie des carbohydrates, elles sont indigestes pour nos compagnons canins mais elles permettent de nourrir les bactéries de l’intestin (fermentation). Elles sont garantes de la santé intestinale et apportent de l’énergie aux cellules de la paroie digestive.
Du fait de leur utilisation faible et limitée, les carbohydrates ne doivent pas se retrouver en grande quantité dans l’alimentation du chien. La littérature recommande un pourcentage de 3 à 7% de fibres (en matière sèche) par dose journalière, cet apport en fibres suffit à couvrir le besoin en carbohydrates.

• Les lipides : 

Les lipides sont composés de carbone, d’oxygène et d’hydrogène. Il existe différents types de lipides ayant ainsi différentes fonctions.
Lorsque les lipides sont stockés, c’est sous la forme de triglycérides.

Les triglycérides sont formés d’un squelette de glycérol auquel est attaché un acide gras. Les stocks sont présents sous la peau, autour des organes et entre les muscles. Ils permettent l’isolation du corps et des fibres nerveuses. Les acides gras libérés du squelette de glycérol sont, quant à eux, une source majoritaire d’énergie (fonction métabolique et structurale).

De manière plus générale, les lipides permettent aussi la formation de certaines molécules chimiques et surtout, ils permettent l’absorption des vitamines liposolubles (vitamines qui se mélangent bien avec le gras mais pas du tout dans l’eau) telles que la vitamine A, D, E et les vitamines K.

Petit zoom sur les acides gras (apportés par les lipides). Tout comme les acides aminés, il existe des acides gras essentiels et des des acides gras non essentiels.
Il n’y a que deux acides gras essentiels chez le chiens :

  • L’acide linoléique (que l’on trouve dans le gras de la volaille ou du porc mais aussi dans certaines huiles végétales).
  • L’acide arachidonique (que l’on trouve uniquement dans la graisse animale)

Ces deux acides gras appartiennent à la famille des oméga 6.

Les acides gras essentiels sont les premiers composants des membranes cellulaires. De fait, ils ont un impact direct sur la santé du poil et de la peau de votre chien.
Les lipides sont donc des composants très importants pour le fonctionnement du corps, d’autant plus chez le chien de sport, puisqu’ils sont une source d’énergie majoritaire comme nous le détaillerons plus loin.

Qu’en est-il des oméga 3 ?
Les oméga 3 ne font pas partie des acides gras essentiels car ils ne sont pas fondamentaux pour le fonctionnement de l’organisme. Cependant, les chiens ne sont pas capable de les fabriquer. Ils peuvent uniquement provenir de l’alimentation (poissons, algues, huile de lin etc.) Dans la littérature, on trouve peu d’informations sur la quantité recommandée d’oméga 3 chez le chien. Et bien que leur effet anti-inflammatoire soit reconnu, apportés en trop grande quantité, ils peuvent poser des problèmes de coagulation du sang..
Les oméga 3 et les oméga 6 sont en compétition car ils ont besoin du même type d’enzymes pour être utilisés par l’organisme. De fait, les recherches statuent sur le fait que le rapport Oméga 6 / Oméga 3 serait finalement plus important que la quantité absolue d’oméga 3. Le bon équilibre serait ainsi compris entre 5/1 et 10/1 (soit 5 à 10 oméga 6 pour 1 oméga 3).

Métabolisme énergétique chez le chien :

Il existe 3 façons de traiter les aliments pour les transformer en énergie. Ces 3 méthodes sont exposées dans le tableau ci-après.

Sur le schéma ci-dessous vous pouvez visualiser le fonctionnement dans le temps de ces différents mécanismes. Vous noterez ainsi que 80% de l’énergie est apportée par les acides gras, 12% par le glycogène et 8% par les acides aminés (phénomène qui se produit lorsque le chien utilise des protéines comme apport d’énergie).

Ainsi, suivant le type d’effort fourni, la source d’énergie ne sera pas la même. Mais il faut tout de même avoir en tête que le phénomène d’utilisation des acides gras est largement favorisé sur les autres mécanismes possibles (ce qui est d’autant plus vrai chez le chien pratiquant des sports de traction).

• Quel impact sur les performances sportives de nos chiens ?

Ce qui est souvent trompeur et qui porte à confusion, c’est que les études réalisées chez l’homme (J. Bergstorm 1960) montrent qu’une consommation importante en carbohydrates favorise les performances sportives. On a donc envie de transposer ce résultat directement à nos compagnons à 4 pattes. Cependant nos chiens sont des carnivores et de fait, ils possèdent une physiologie cardiovasculaire, une locomotion et une métabolisme énergétique différent du nôtre.

Pour vous convaincre, je souhaiterais vous présenter une étude de 1990 faite sur des Alaskan Huskys.
Protocole :
L’étude utilisait 2 groupes de Husky :

  • Le groupe A était nourri avec beaucoup de carbohydrates (60% de l‘énergie apportée par des glucides)
  • Le groupe B était lui nourri avec beaucoup de lipides (60% de l’énergie apportée par des lipides)

La quantité de protéines apportées étaient identique pour les deux groupes.
Deux tests physiques ont été réalisés :

  • Test permettant de faire travailler la fonction aérobie : 1 heure sur tapis de course plat à 14,5 km/h.
  • Test permettant de faire travailler la fonction anaérobie : 1 minute sur tapis de course incliné à 30,6 km/h.

Des échantillons de sang et une biopsie musculaire pour mesurer le taux de glycogène ont été prélevés avant et après l’effort.

Résultats : 
Le groupe B (Lipides +) présentait plus d’acide gras libres dans le sang lors de l’effort que le groupe A (Glucides +). Et fait surprenant, ce même groupe B possédait aussi plus de glycogène dans leurs muscles que le groupe A !
Finalement, on peut dire que le groupe ayant été nourri avec plus de lipides présentait de meilleurs résultats concernant la disponibilité de l’énergie.

Des études sur les performances des chiens de traineaux en fonction de la proportion de lipides et de carbohydrates dans leur alimentation ont aussi été menées (ex : 1970 D. Kronfeld). Et les résultats sont significatifs. Une alimentation plus riche en lipides augmente significativement les performances des chiens.

Conclusion, le gras c’est la vie ! Et petit bonus, le gras est aussi super appétent donc pour les chiens difficiles ou qui mangent peu, il est une bonne motivation !
Attention tout de même, trop de lipides dans l’alimentation peut aussi causer des diarrhées.

Qu’est-ce que le BARF ?

Le BARF est un acronyme qui signifie Biologically Appropriate Raw Food (Une nourriture crue, biologiquement adaptée).
L’idée du BARF est la suivante : pour nourrir son chien, son chat ou son furet, autant revenir à la base, se caler sur leur physiologie, leur biologie, sur leur anatomie. Et comment détermine-t-on de manière globale l’alimentation d’un animal ? En déterminant la famille à laquelle il appartient. Hors le chien tout comme, le chat et le furet, est un carnivore du genre canis lupus familiaris (Si vous en doutez, je vous laisse aller lire l’article suivant https://www.facebook.com/notes/qwild/le-chien-un-carnivore-/1754226211265912/ ou encore dans le même genre et complémentaire celui-ci http://barf-asso.fr/carnivore/). Son régime est donc composé majoritairement de viande ! Le BARF est une alimentation logique ! Elle se compose de viande et d’os charnus et est complétée avec des abats filtrants, du poisson et/ou des huiles et de fruits et légumes. Et surtout, elle est adaptable à chaque individu 😉

BARF et chiens de sport 

Est-ce que le BARF est une alimentation adaptée aux chiens de sport ?
Attention, lorsque je parle de BARF, je fais référence à une ration équilibrée constituée de viande, d’os charnus, d’abats filtrants, de fruits et légumes et d’huiles ou de poisson. Le tout dans des proportions adaptées.

Tout d’abord l’un des énorme avantage de nourrir son athlète au BARF c’est justement de pouvoir adapter le type d’aliment en fonction du type de sport pratiqué et donc de l’effort à fournir mais aussi en fonction de chaque individu et même des saisons.

Qui plus est, par définition, le BARF est une alimentation riche en protéines (très souvent de hautes qualités car non dénaturées par la cuisson) et en lipides (provenant presque uniquement, de la matière animale donc riche en acides gras essentiels). A eux seuls, protéines et lipides représentent environ 90% d’une ration BARF. 
Comme nous l’avons vu, les protéines jouent un rôle clé dans l’entretien et la réparation des tissus (musculaires, cartilagineux et osseux). La grande qualité des protéines de la viande crue en fait des nutriments bien assimilés qui participent ainsi au développement harmonieux des muscles, entretient les articulations et aident à leur reconstitution suite à l’exercice

Le BARF contient environ 3-4 % de carbohydrates, amenés le plus souvent par les fruits et les légumes. La majorité de ces carbohydrates sont donc des fibres alimentaires qui sont, comme nous l’avons vu, essentielles au bon fonctionnement du système digestif. Le rôle minime des glucides (hormis les fibres alimentaires) dans le métabolisme du chien explique que leur faible présence dans le BARF ne soit pas un problème. Etant donné la physiologie de nos chiens (qui, je le rappelle, sont des carnivores), il s’agit même plutôt d’un atout.

Dans cet article, nous n’avons pas abordé l’hydratation, qui est pourtant un facteur clé de performance chez le chien de sport
Dans un régime BARF, le taux d’humidité est d’environ 70%. Ainsi, le chien nourri au BARF bénéficie d’une hydratation plus équilibrée et plus sûre. Cela joue un rôle avantageux lors du processus de récupération. 

J’aborderai plus précisément ce sujet dans un prochain article 😉